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Concours-Pirates

 

 

La trahison.

 

 

de Just me

 

 

 

Cf : Ann Borri comme son histoire sont pure fiction, mais le nom est inspiré d’Ann Bonny ^^

 

 

 

 

 

Dans son lit, une petite fille aux yeux très bleus demandait à sa mère la même chose que tous les soirs :

- Maman, raconte-moi encore l’histoire !

- D’accord, mais après, dodo !

- Oui.

La fillette s’installa confortablement et mis son pouce en bouche, toute ouïe quand sa mère commença à parler :

- C’est l’histoire d’une femme, Ann Borri, qui travaillait pour le Roi, mais sa loyauté n’était qu’envers l’or et les trésors. Elle avait un talent pour se…

 

*******

 

- Je vais te….

Toris s’approcha de la femme enchaînée à fond de cale et lui caressa la joue, ignorant les vaines tentatives que faisait cette dernière dans l’espoir de se libérer.

- Xena Xena Xena… Ne profère pas de menaces que tu ne pourras pas tenir…

- Si je m’en sors, le tartare aura un goût de champs Elysées pour toi Toris.

Revenant sur ses pas, elle gloussa en entendant la prisonnière l’appeler ainsi. Elle allait répondre quand un pirate vint l’informer :

- Cap’taine, la flotte Royale !

Toris sourit d’autant plus en voyant Xena pâlir. Voir la célèbre pirate à sa merci n’était pas pour lui déplaire.

 

Elle revint un peu plus tard accompagnée d’un homme étonnamment propre sur lui. Sa veste portait l’emblème de

la Royauté. Il

s’approcha de Xena, toujours enchainée et la força à relever le visage. Un sourire satisfait étira ses lèvres tandis qu’il se tournait vers Toris.

- Beau travail. Nous accosterons demain et cette chienne sera jugée… et pendue. Bien sûr ta récompense t’attendra également…

- Parfait !

Il regarda la pirate une dernière fois, comme pour s’assurer que cela n’était pas un rêve, avant de quitter la pièce.

Toris alla s’asseoir à proximité de la captive, tout en prenant garde à ce que ses fers l’empêchent de l’atteindre. On n’est jamais trop prudent.

Elles restèrent ainsi quelques minutes sans dire un mot, bercées par le roulis et le bruit de leur respiration. Ce fut Xena qui rompit le silence :

- Pourquoi ? dit-elle d’une voix faible.

- L’or.

Xena semblait à présent plus attristée qu’en colère. Une mort certaine l’attendait et elle préférait passer ses derniers instants à tenter de comprendre pourquoi la femme qu’elle aimait l’avait trahie plutôt qu’à se détester de s’être faite avoir.

- Mais je croyais que…

Toris se tourna brusquement vers elle, pour s’arrêter le visage à un souffle du sien.

- Que quoi ? Que je t’aimais ? Que tu signifiais quoi que ce soit pour moi ?

Le regard azur de la pirate alla trouver le sien.

- Dis-moi que c’est faux.

Toris sentait son cœur battre la chamade dans sa poitrine. C’était ce qu’elle voulait entendre ? L’or, il n’y a que l’or qui compte.

Elle allait répondre lorsqu’on vint la chercher.

- Il te demande sur le pont.

Elle acquiesça et se leva pour partir, non sans jeter un dernier regard à la captive.

 

Elle s’approcha de son contact avec le Roi.

- Tu voulais me voir ?

- Oui… Tu m’étonneras toujours Toris, j’aimerais assez savoir comment tu as pu la capturer…

Il la regarda de bas en haut, hésitant.

- Je veux dire… tu n’as pas le physique pour…

- Il y a d’autres moyens que la force… Et tu ne crois tout de même pas que je vais te révéler tous mes petits secrets Phantès ?

Il sourit devant sa réponse. C’était prévisible, elle avait toujours refusé de lui révéler ses méthodes, mais il se trouvait toujours quelqu’un pour parler.

Elle partit s’enfermer dans sa cabine, tandis qu’il décidait d’aller tenter sa chance auprès de la prisonnière.

- Re-bonjour Xena.

- Vas-t’en.

- Pas avant que tu ne me dises comment ca s’est passé ?

- Vas-t’en.

- Comment t’a-t-elle eue ?

- VAS-T’EN !

Il comprit que plus il insisterait, moins elle parlerait. Mais il saurait, coûte que coûte. Il y avait bien quelqu’un sur ce bateau qui pourrait lui répondre…

 

Il repéra immédiatement un jeune homme qui frottait allégrement le pont. Plus ils sont jeunes, plus ils sont facilement impressionnables. Il ne lui fallut que quelques minutes avant d’obtenir satisfaction.

- Je sais pas trop m’sieur. C’est que des rumeurs… Et si

la Cap

’taine l’apprend…

- Je ne dirais rien à Toris, ne t’en fais pas. Maintenant parle.

Le jeune garçon hésita un instant avant de commencer pour dire d’une seule traite :

- On dit que Toris était une naufragée que Xena a recueillie à bord de son bateau. Elle a pris soin d’elle… Au début, tous les matelots pensaient qu’elle allait la vendre au marché à esclaves, après tout… bon… elle est pas désagréable à regarder hein ! Mais au bout d’un moment, ils ont compris qu’elle allait rester avec elle. Y paraitrait qu’il y’avait un truc louche entre elles. Tout le monde connait les penchants de Xena, pas vrai ?

Il eut un sourire coquin et commença à ricaner, s’arrêtant net en voyant l’air de Phantès.

- Bref, euh, au bout d’un moment,

la Cap

’taine avait gagné la confiance de Xena, elles décidaient de certains trucs ensemble… Comme il faut bien se ravitailler de temps en temps, ils ont mouillé à l’île de

la Tortue.

Et

euh… c’est sûr cette partie là que j’suis pas sûr.

Phantès lui fit signe de continuer, essayant de dissimuler son agacement.

- Elles ont été toutes les deux dans un coin tranquille… et Toris est ressortie toute seule. Elle cherchait des pirates pour l’accompagner. Et pi bon… Xena est pas franchement aimée là bas, ça a pas été difficile de recruter, surtout qu’on va y gagner un bon paquet…

- Mais qu’est ce qu’il s’est passé entretemps ? Comment a-t-elle eu Xena ?

- Ca j’sais pas ! Tout ce que je peux dire, c’est que quand on l’a traînée à bord, elle était déjà attachée et sentait fort le porto…

- Elle a abusé de sa confiance. Le porto était drogué… murmura-t-il tout bas. Merci.

Il lui lança une petite bourse en guise de récompense et s’éloigna.

 

Pendant ce temps, Toris avait quitté sa cabine pour se rendre dans la cale.

- Pour quelqu’un qui se moque de mon sort, tu viens me rendre visite bien souvent. Dit Xena d’un ton amer.

- On ne sait jamais, peut être qu’au dernier moment tu vas me dire où tu caches tous tes trésors…

La tentative d’humour de Toris tomba complètement à l’eau. Xena lui demanda, résignée :

- Alors il n’y a donc que ça qui t’intéresse ? L’or ?

- Il n’y a que ça qui vaille la peine, sur terre comme sur mer.

Xena eut un sourire triste. Toris n’avait décidément rien compris. Elle était intéressée par l’argent uniquement ? Très bien.

- Je suis le plus grand pirate que la terre ait connu. On raconte que j’ai plus d’or que le Roi. Quel est le prix de ta loyauté ?

- Trop cher pour toi. Ton arrogance et cette manière que tu as de te croire invincible, de ne pas reconnaitre ta défaite t’auront perdue Xena.

Toris regarda la captive droit dans les yeux, de cette même manière qui avait tout de suite plu à la pirate que plus personne n’osait défier.

- Une dernière volonté, pirate ?

La prisonnière eut un sourire en coin avant de dire.

- Refais-moi l’amour.

Ses paroles eurent l’effet escompté. Toris vint s’accroupir devant elle et la gifla violemment. Elle recommença en voyant que le sourire de Xena ne se fadait pas.

- Je... ne… t’ai… jamais… fait l’amour, ça n’était rien. Du sexe, rien de plus.

Xena continua de la fixer droit dans les yeux. La tension était palpable.

- Oserais-tu refuser ma dernière volonté ?

- Je vais t…

Toris n’eut pas le temps de terminer sa phrase que déjà les lèvres de la captive retrouvaient les siennes. Pendant un instant, elle oublia de la repousser. Toujours les mêmes sensations, ce feu qu’elle seule avait su déclencher. C’était pour ça qu’il fallait qu’elle meure, elle la rendait faible, esclave de ses désirs. Et elle ne pouvait pas se le permettre.

Toris rompit le baiser, regrettant instantanément le contact. Elle ignora les signes que son corps lui criait et partit se réfugier dans sa cabine, demandant à ce que personne ne la dérange.

 

Quelques marques de chandelle plus tard, quelqu’un toqua timidement à la porte.

- Entrez !

Toris se décida à se lever, puisque de toute manière le sommeil l’avait désertée. Phantès fit semblant de ne pas voir ses yeux rouges et lui dit :

- Nous arriverons d’ici une marque de chandelle.

Elle acquiesça d’un hochement de tête, ne faisant pas confiance à sa voix après cette annonce. Elle l’avait entendue des dizaines de fois, cette phrase qui voulait dire que la vie du captif qu’elle ramenait touchait à sa fin, mais jamais cela n’avait signifié quelque chose.

Dans un jour, tout serait terminé, Xena serait exécutée et alors cette douleur au plus profond d’elle-même cesserait. Il le fallait. Cela devait cesser.

 

Le bateau accosta, sortant Toris de ses songes. Elle chassa toute pensée supplémentaire et descendit dans la cale.

- Nous sommes arrivés.

Toris était brusque dans ses mouvements, ne prenant pas garde à ne pas blesser la pirate. Elle l’attacha avant de lui retirer ses fers. Pas question qu’elle lui échappe, pas maintenant. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle l’avait retenue sur un bateau. Non seulement c’était ironique pour un pirate d’être retenu en mer, là ou d’ordinaire il faisait la loi, mais en plus quand bien même elle s’échapperait, elle n’aurait eu nulle part où aller.

Elle poussa sans ménagement Xena pour la faire avancer. Celle-ci n’opposa pas de résistance et se dirigea vers les marches. Elles sortirent pour être accueillies par toute une troupe des soldats du Roi.

La pirate se retourna une dernière fois. Elle aurait voulu la haïr pour cette trahison, elle aurait voulu la faire souffrir, mais elle n’en avait plus la force, pas après plusieurs jours dans des conditions déplorables, à n’avoir rien d’autre à faire que de ressasser ses pensées bien amères. Alors plutôt que de lui cracher au visage, et de peur d’en dire trop, elle se contenta de murmurer :

- Adieu.

Sa voix était faible, mais, les yeux dans les yeux, le message était passé. Elle leva ses mains liées pour caresser la joue de Toris qui ne se recula pas. Les gardes tirèrent la pirate en arrière, faisant cesser le contact.

Toris regarda les gardes se moquer de Xena, lui donner des bourrades, alors même qu’elle n’était pas en mesure de se défendre. Elle les vit chauffer à blanc un tison pour la marquer de la lettre P, signifiant son statut de pirate. Elle faillit crier à la place de Xena lorsqu’elle les vit apposer le métal brûlant sur sa peau. Pourtant elle n’intervint pas. La mort dans l’âme, elle retourna à sa cabine, serrant fort contre elle la pleine bourse qu’elle venait de recevoir, essayant de se convaincre que sa décision était la bonne.

 

L’heure du procès vint bien trop vite. Toris gardait l’espoir fou que Xena ne soit pas tuée mais seulement emprisonnée. Mais elle savait bien que cela était impossible. C’était le pirate le plus connu, une véritable légende dont le nom seul faisait trembler les plus téméraires. Une terreur vaincue par un petit bout de femme…

Son cœur battait la chamade dans sa poitrine alors qu’elle voyait la pirate sur l’estrade tandis que le juge énonçait les chefs d’accusation.

Vol

Pillage

Trafic de marchandises illégales

Corruption

Meurtre

 

Chaque accusation, pourtant prévisible, était comme une gifle. Xena allait mourir.

Le juge regarda l’assemblée avant de prononcer la sentence dans un sourire :

- Xena, pirate, est condamnée à la pendaison et sera exécutée demain à l’aube.

Le sang de Toris se glaça, avant de lui monter à la tête. Un instant, elle crut qu’elle allait exploser tant son cœur battait fort dans sa poitrine. L’instant d’après, elle se sentit faible et lorsqu’elle remarqua que Xena ne l’avait pas quittée des yeux pendant tout le procès, elle crut s’évanouir. Incapable d’en supporter davantage, elle quitta les lieux sans se retourner.

 

Xena faisait les cent pas dans sa cellule en attendant l’heure fatidique. Elle n’arrivait toujours pas à comprendre pourquoi Toris avait fait cela. Elle était certaine que cette dernière avait des sentiments. Ses yeux et sa façon d’être ne mentaient pas. Impossible !

Fermant les yeux, elle essaya de se remémorer les sensations de leur premier baiser.

Un soir, dans sa cabine, alors qu’elles étaient penchées à étudier des cartes, elles s’étaient regardées. Comme au ralenti, chacune s’était relevée. Toris avait fait le tour de la table pour venir se poster face à elle. Leurs yeux ne se quittaient pas, cherchant dans ceux de l’autre ce quelque chose, cette acceptation. Ce qui n’avait été qu’une simple attirance physique était devenu bien plus et Xena le savait. Pour preuve, voilà bientôt trois lunes que Toris naviguait avec elle et il ne s’était toujours rien passé. Elle avait eu peur d’agir, de briser ce lien ténu qu’elles avaient entre elles.

Lentement, elle revit Toris s’avancer jusqu’à ce que leurs corps se touchent. Sa main vint repousser une mèche de cheveux avant de caresser son cou et de passer derrière sa nuque. Les yeux de Xena descendirent involontairement sur la bouche de celle qu’elle désirait plus que tout. La jeune femme n’attendit pas davantage pour venir unir leurs lèvres. C’était comme mourir et naître à la fois. En cet instant, le monde aurait pu s’écrouler, ça n’aurait eu aucune importance. Seule la douceur de ses lèvres comptait, seule cette impression de plénitude importait.

Au fil des ans, Xena avait eu des dizaines d’amantes, mais aucune ne l’avait rendue dépendante par un simple baiser.

Elle soupira et prit sa tête entre ses mains, retournée comme à chaque fois par les souvenirs encore bien vivants.

Un garde vint la chercher. Elle regarda ses poignets liés par une simple corde, puis l’épée que l’homme portait à sa ceinture. S’enfuir aurait été si facile. Mais elle ne voulait pas. Pas encore. Au fond d’elle-même, elle gardait l’espoir que Toris empêcherait tout cela. D’après ce qu’elle avait compris, elle était extrêmement respectée ici.

Elle fut conduite au bord d’une falaise. L’océan n’était pas très agité malgré les vents forts. Au dessus de l’eau se trouvait une poutre, visiblement destinée à ce qu’on y attache les pendus, tournés vers l’océan. Leur dernier face à face.

L’homme à ses côtés lui sembla familier, où peut-être était-ce dû au fait qu’elle avait rêvé cet instant des dizaines de fois. Mais ces derniers temps, la fin était différente. “Elle” venait la sauver, changeant de camp au dernier moment.

Le vent qui la glaçait jusqu’aux os la fit frissonner. Elle regarda à droite comme à gauche, ne voyant que des visages étrangers, visiblement ravis de son sort.

Elle déglutit péniblement, la bouche soudainement sèche. Toris n’avait même pas pris la peine de venir voir sa mort.

 

Le bourreau vérifia l’état de la corde déjà en place sur la potence. Il fit signe à Xena d’approcher. Lorsqu’il fit passer la corde autour de sa tête, l’audience commença à s’agiter, pressée d’en finir.

Elle se trouva étonnamment calme à l’idée de mourir dans quelques minutes. Elle savait qu’elle aurait du se battre, tenter de s’en sortir, mais elle l’avait déjà bien trop fait dans sa vie et aujourd’hui le cœur n’y était plus. Il était parti en même temps que Toris.

Le bourreau la poussa un petit peu dans le dos pour la faire avancer. Elle regarda le vide devant elle, prête à faire face à son sort autant qu’il était possible de l’être dans cette situation.

Elle ferma les yeux, appréciant le vent qui fouettait son visage, l’odeur de l’océan. En se concentrant suffisamment, elle pouvait presque s’imaginer à la poupe de son bateau, libre.

Elle fut brusquement ramenée à la réalité en entendant le bourreau lui murmurer à l’oreille :

- La corde à été raccourcie, tu ne te briseras pas la nuque. Contracte tous tes muscles et tu t’en sortiras… Aie confiance.

Elle eut juste le temps d’assimiler ce qu’il venait de dire qu’il la poussa dans le dos. Elle se contracta. Elle sentit la corde mordre cruellement sa peau. Alors qu’elle se demandait pourquoi au juste et surtout en qui elle devait avoir confiance, elle entendit un craquement au dessus d’elle. Elle voulut regarder mais en fut incapable. La seconde d’après, elle chutait. La potence avait cédé.

Heureusement, elle toucha l’eau les pieds devant. Mais en voulant remonter, elle se rendit compte que ce n’était pas chose aisée pieds et mains liés. Malgré tous ses efforts, elle s’enfonçait de plus en plus. Finalement, la pendaison n’était peut être pas si mal.

Alors qu’elle commençait à sérieusement manquer d’air, elle sentit des mains l’agripper. En quelques secondes, elle fut à la surface. Ils la traînèrent jusqu’à la terre ferme et lui coupèrent ses liens. Elle qui était pourtant physionomiste ne reconnut pas le moins du monde les deux hommes. Mais elle aurait le temps de les remercier plus tard. Ils lui firent signe de la suivre. Ils coururent jusqu’à une charrette qui se trouvait plus haut sur la route. A peine furent-ils cachés à l’intérieur que des gardes arrivèrent. Xena pensa qu’ils étaient fichus. Mais alors, elle entendit les gardes parler à une autre personne :

- Bonjour m’dame, z’auriez pas vu une femme qui viendrait de sortir de l’eau par hasard ?

La femme répondit d’une voix paniquée :

- Si ! La femme que j’ai vu portait une corde au cou ! Elle est partie par là bas, sur l’autre rive !

- Merci bien.

Xena entendit avec soulagement la patrouille s’éloigner. La charrette reprit sa route pour ne s’arrêter qu’au port. Ils coururent se réfugier dans une maison adjacente prenant garde de ne pas être vus.

Une fois barricadés, elle se tourna vers les deux hommes et la femme encapuchonnée.

- Qu’est ce que ça signifie au juste ?

- Laissez nous.

Ils s’exécutèrent instantanément. Toris baissa le capuchon qui couvrait son visage. Xena eut un choc. Comment ? Elle ne l’avait absolument pas reconnue, ni elle, ni sa voix.

- Comment ? Pourquoi ?

- Je ne sais pas Xena… Je…

Toris soupira, se massant les tempes du bout des doigts.

- Je n’arrivais pas à me résoudre à te perdre…

Malgré tout ce qui avait pu se passer, Xena avait envie de la croire, envie d’y croire.

- Alors je… je ne l’avais pas inventé ?

Toris savait très bien que la pirate parlait de ce lien, de leur amour…

- Non. J’étais probablement la seule à ne pas l’avoir vu.

- Mais comment, je veux dire, Toris t-

- Ne m’appelle pas comme ça. Mon véritable nom est Gabrielle. Gabrielle Borry.

- Tu veux dire que…

Xena ouvrit de grands yeux, incapable de croire ce qu’elle entendait. Et pourtant ça expliquerait cette capacité à tromper tout le monde et ces talents pour le déguisement. Dire que la jeune femme en face d’elle était la fille de celle dont elle aimait tant entendre les histoires étant petite.

- Le caméléon…

- Ma mère.

Soudain, la pirate sembla réaliser quelque chose et c’est d’un ton peiné qui ne lui ressemblait pas qu’elle dit :

- Je ne te connais pas. J’ignore absolument tout de toi…

- C’est faux Xena…

Gabrielle s’approcha, caressa la mâchoire de la pirate avant de passer ses doigts sous son menton pour lui faire lever la tête.

- Mon nom et mon passé étaient faux. Mais mes paroles et mes actes quand j’étais avec toi étaient vrais. Et le sont toujours…

Elle termina sa phrase par un baiser, comme pour sceller ses dires, une promesse. Elles ne savaient pas ce que le futur allait leur réserver, mais une chose était sûre : Elles construiraient leur avenir ensemble. Deux destinées exceptionnelles pour une même légende.

 

 

 

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